Je n'ai jamais vraiment été trop fan de ce truc, facebook.
Il y a un peu plus d'un an de ça, j'ai crée un compte sous un pseudo parce que je ne voulais pas qu'on me retrouve...et forcément je n'y ai trouvé aucune utilité puisque personne ne m'y trouvait!!
Et puis pendant les fêtes de fin d'année, j'ai revu des amis d'enfance qui s'étaient retrouvés par ce machin, et ils m'ont encouragée à m'y mettre. Ce que j'ai fait, avec un pseudo un peu plus limpide. En peu de temps, j'ai retrouvé toute une kyrielle d'anciens amis, et j'ai pu acceder à la page des mes amis de la vraie vie, pas la virtuelle.
6 mois aprés, je me rends compte de l'impact négatif que ça a sur mon moral. Je dévale une pente vertigineuse, me demandant quelquefois si je suis bien moi, si j'ai bien vécu ce que je crois avoir vécu. Heureusement que je garde quand même les pieds sur terre et que ma petite tribu m'y aide beaucoup. Heureusement aussi que j'ai appris à relativiser et que je sais que la vie virtuelle n'est qu'un minime aperçu de la vie réelle.
Mais quand même...
Quand même...
Dur dur de se rendre compte qu'un certain Blue Monkey m'oublie complètement lors de ses visites ici, m'oublie parmi les amis dont il parle, et que je ne suis donc qu'un nom parmi d'autres, un visage parmi les nombreux qui ont traversé sa vie, alors que je le considérais comme un réel ami, certes un peu loin mais un ami. Celui par qui j'ai rencontré le père de mon fils, pour moi ce n'était pas rien.
Dur dur aussi de voir les autres, ceux que l'on connait s'éclater et faire des tas de choses sans que l'on soit au courant. Bizarre de se dire que finalement n'importe quel lecteur de leur page en sait plus que moi.
Dur dur enfin et surtout de reprendre contact avec des gens pas vus depuis 15 ans et de se rendre compte qu'ils sont devenus... ce que je ne suis pas. Jeunes.Beaux. Pleins d'énergie et de projets. Plein de rêves dans la tête. Pleins de diplômes, d'études, de boulot. Plein de voyages aussi. Plein de voyages surtout. Alors que moi...
Moi.
Moi je ne suis plus jeune, avec 2 gosses on est considérée comme vieille direct. Moi je ne suis plus belle, il faudrait que je prenne plus soin de mon corps et je n'en ai pas le temps, je prends déjà le temps de me sentir femme, c'est déjà beaucoup. Moi de l'energie je n'en ai plus en réserve, je me la fabrique un peu au fur et à mesure, pour tenir. Moi des projets je n'en ai pas, ni à court ni à long terme. Moi mes rêves se résument en quelques mots: qu'ils soient heureux tous les trois, surtout les enfants, heureux et en bonne santé. De diplôme je n'en ai qu'un, le bac, qui ne me sert à rien, quant aux études... beaucoup de commencements mais rien d'abouti, alors je ne recommencerais pas. Moi les voyages je ne peux pas: la raison officielle c'est par manque de budget (on part à 4, ça complique un peu niveau financier) et la raison officieuse c'est ces p------ de phobies qui me pourrissent la vie. J'ai réussit à faire 4 heures en voiture, youhouuuuuuuuuuu! Ridicule...
Alors je me dis que je vais arrêter parce que ça ne sert à rien de regarder les autres vivre, et puis je diffère, un jour de plus, encore un jour... Je continue à aller sur leurs pages et voir comment j'ai été zappée de leur vie, voir que dans leurs souvenirs de lycée je n'apparaît pas, voir que dans l'organisation d'évènements on m'oublie... Je regarde tout ça, mais d'un peu plus loin qu'avant.
Je lis leurs pages et je recherche dans ma mémoire ces si beaux souvenirs communs avec ces étrangers, et je me dis qu'ils m'appartiennent, que ça a été mon bonheur, même si ce n'était peut-être pas partagé. Je lis leurs soirées, leurs apéros et aprèm' entre amis et je repense à ces week-ends de montagnards et cette éstheticienne pour qui le temps n'efface rien. Je lis leurs voyages et je me dis que pas aprés pas, victoire aprés victoire moi aussi j'y arriverais, certainement pas aussi loin, mais avec certainement des paysages au moins aussi beaux, comme ce coucher de soleil à couper le souffle sur les vignobles de fitou, il n'y a pas si longtemps. Je lis leurs projets, leurs déboires de travail, et je regarde mes enfants: aucun d'eux ne peut se vanter d'avoir des enfants aussi merveilleux que les miens, et d'ailleurs peu ont déjà des enfants.
Je les laisse à leurs artefacts, à leur simili-vie. Il y a du bonheur partout autour de moi, et de la merde aussi, le tout est d'accepter d'y marcher dedans de temps en temps, et de pouvoir en rire.





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