ça va plus ou moins mieux  posté le jeudi 04 octobre 2007 22:33

ma semaine, toute en hauts et bas:

dimanche : première visite de maman renard à la deuxième maison de son fiston. Evidement, je stresse comme une malade, récure la maison à fond, prépare un repas bon mais pas cher: le but du jeu est de montrer que son grand est entre de bonne mains. Mission apparement réussie puisque parait-il elle lui a dit "je comprend mieux pourquoi tu  manges plus qu'avant: c'est bon ce qu'elle fait Paillette". Le Chevalier Papa donne un coup de fil et propose de voir son fils à lui. On passe une bonne après midi tous les 5, ça fait du bien. Je sais d'où mon 'tit renard tiens sa gentillesse (et sa manie de faire des cadeaux: maman renard est arrivée les bras pleins), et je sais aussi pourquoi j'ai un fils. Une bonne journée, quoi, juste ternie par les caprices  en soirée.

lundi: bah rien de spécial, des emmerdes de paperasse à faire comme d'hab. Ah si, une bonne nouvelle, l'aide du conseil général est tombée, elle me permettra de payer mes 3 mois de retard de loyer.

mardi:la journée commence bien, avec les bonnes nouvelles de la veille, et puis je dois aller aider ma soeur à choisir de nouvelles lunettes, rien que nous deux sans les petits. Le mien de petit d'ailleurs est resté à la maison, je l'ai laissé dormir au vu des valises sous ses yeux. Première couille: des peits boutons dans son cou, comme un début d'eczema. Deuxième couille: ma soeur, enceinte, n'est pas trés marante: la séance lunettes se transforme en calvaire. Meme si je la comprends (c'est quelque chose d'importaant le choix de lunettes quand on les a tous les jours sur le nez) et meme si j'étais moi même trés pénible pendant ma grossesse, elle réussit quand meme à me mettre en stress. Troisième couille: 'tit renard et arthur, et mon beau frère et loulou nous rejoingnent, on balade, et mon fils commence un énorme caprice.Caprice qui se poursuit au polygone, qui finit par une confiscation de la trottinette. Monsieur est de mauvaise humeur, il me roule brutalement sur le pied en tentant de la reprendre et ma frappe. Il faudra plus d'une demi heure, tous les 3 assis au milieu de la rue pour arriver à le faire s'excuser. Mes nerfs en prennent un gros coup, ma fatigue aussi. Quatrième couille: dans ma boite aux lettres, une missive du conseil général: pas de RMI pour moi, mes ressources sont trop élevées. Vous savez, 0, rien que 'd , nada, pas un rond, ben voilà, ça c'est trop elevé pour eux. Mes nerfs encaissent encore.

Dernière couille: je me repose, sens un poids sur ma poitrine, et me laisse gagner par l'angoisse, à cause le fatigue. Angoisse qui se change en panique quand le monde qui m'entoure commence à se déformer et que la nausée me cloue sur place. mes jambes lachent, je m'effondre. Tout deviens noir mais je reste conscient. La lumière reviens mais mone sprit vascille. Allongée sur le sol, la peur me déclenche une crise de spasmo. Mes membres se recroquevillent, les tremblements m'agitent. Mon fils qui répète calmement "tu vas etre morte maman? moi je veux pas que tu soit morte", mon 'tit renard qui appelle le samu, puis ma mère, qui me dit qu'il m'aime. J'ai l'impression de partir, je tremble de tout mon corps. Il me lève les jambes, me dit qu'un medecin va arriver, qu'il m'aime plus que tout. Je finit par reprendre pied doucement. puis une douleur me broie les tripes, il faut que je me vide. mon renard m'aide à me lever, puis me recoucher. Le medecin qui vient m'ausculter penche pour une crise de tétanie mais me prescrit des examens sanguins. ma mère arrive, juste à temps pour payer le toubib (ben oui, toujours pas un sous moi). Puis repart. Je me sens sur le fil du rasoir, j'ai l'impression que je peux recommencer à tout moment. Sur les conseils de mon 'ti renard, j'appelle super mamie edithe, la maman du chevalier papa qui m'avait si bien soigné il y a 10 jours de ça. Elle me rassure, me dit quoi prendre pour calmer ça, et promet de repasser la semaine prochaine. Je bénit le ciel et tous les dieux de la terre d'etre entourée d'etres magnifiques comme ceux qui ont été là mardi soir. Epuisée, les muscles endoloris, je finit par m'endormir, avec toujours mon 'tit renard à mes cotés.

mercredi: levé, vite préparés, direction le labo pour mes analyses puis mon medecin de famille pour le certificat d'aptitude au tae kwon do de arthur. Il examine le petit, remplit les papiers, et je lui touche 2 mots de mon malaise de la veille. Il en tire la même conclusion que l'urgentiste: crise de tétanie. On verra les analyses. La journée se passe, je me sens extrèmement fatiguée. l'aprésmidi aprés le tae kwon do, le chevalier papa est de retour. Il joue avec son fils pendant que je me repose. Mais les larmes me montent aux yeux et mes nerfs lachent. Je pleure dans les bras de mon 'tit renard, quand soudain tout se met à tourner, mon coeur s'affole. la peur que cela recomence m'envahit, je suis trop fatiguée et perd le controle. Heureusement les hommes sont là, et la crise est évitée. Merci du fond du coeur. Le chevalier repart et la journée se finit sous le signe de la fatigue. Avant de me coucher, un élan me pousse vers mon PC: il me faut un boulot, il me faut une solution, il me faut des sous, meme un peu. Je poste un CV sur le site d'une boite et file me coucher.

Jeudi: ce matin, visite médicale à l'ecole. Pendant que arthur se fait examiner, moi je range sa chambre, reclasse ses jouets, réorganise tout. Je range même mon bureau. Dans la matinée, un appel sur mon portable: je suis invitée à une réunion d'information pour le job de la veille, l'aprés-midi meme. A midi, pas de maitresse, donc pas de résumé de la visite médicale. Pendant le repas, nouveau début de crise, que j'évite à nouveau. J'accompagne mon fils à l'ecole, lui dit que c'est sa mamie qui viendra le chercher parce que je serais à une réunion. Je pars à ma réunion, et en ressort avec au moins l'impression d'etre fière de moi , d'avoir réussit à rester jusqu'au bout sans angoisser. pour le reste on verra... Je vais chercher mes analyses qui sont normales, ouf. Puis je passe récupérer mon grand,me jette sur le carnet de santé... où figure une petite note: "un rendez vous chez l'ophtalmo est demandé, pour l'oeil gauche". L'oeil gauche, mon oeil le plus faible. Est ce que mon fils tiens ses yeux de sa maman ( c'est  à son age qu'on a dépisté mes défaults visuels) ou est-ce d'avoir passé trop de temps devant la télé, trop prés? la culpabilité de l'avoir laissé faire m'envahit... mais il n'y a rien d'autre à faire que de prendre rendez-vous et d'attendre....

 

Bilan de tout ça : je suis épuisée, je guette les signes d'une possible crise au choix : de tétanie, de spasmophilie, de tachycardie, je deviens accro aux fleurs de bach, dépendante encore plus qu'avant à mon 'tit renard, limite dépressive les deux tiers du temps mais malgrés ça je garde l'envie de m'en sortir et j'essaie de trouver la force pour le faire. mes finances vont s'arranger doucement, j'ai des gens extraordinaire autour de moi sui me donnent tout ce qu'ils peuvent, et je me nourris de cet amour et cette énergie que l'on m'offre. 

En  attendant la suite des évènements, un grand merci à tous ceux qui me proposent leur aide, à ma famille que j'aime, à mon fils qui me donne envie de me battre maintenant plus que jamais, à vous tous mes amis qui m'aimez et qui êtes là pour moi, et puis un immense merci à celui qui partage ma vie, qui est ma béquille, mon oreille, ma voix parfois, mon avenir, mon amour. je t'aime.

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parler  posté le mercredi 19 septembre 2007 21:27

Oser.
 
Oser prendre la parole et dire ce qui ne se dit pas. Faire taire la petite voix intérieure, celle qui a peur du regard des gens, celle qui redoute qu'on la juge. La réduire au silence pour parler enfin.Parler non pas pour attirer la pitié ou la charité, ni pour se plaindre. Non, juste parler pour les autres, pour toutes celles et ceux qui n'osent pas . Ceux qui se cachent derrière un sourire poli. Ceux qui y sont confrontés depuis si longtemps qu'ils pensent que cela ne vaut même plus la peine d'en parler. Parler pour la maman de Yanis, et celle de Nassim. Oser le dire. Dire ce mot que l'on n'ose plus prononcer.

Misère.

La misère c'est quand on ne pense plus qu'à trouver comment faire manger son enfant. Trouver l'argent. Se questionner du matin au soir. Calculer en permanence: puis-je acheter des yaourts pour le goûter de l'école si je me prive de déjeuner pendant 2 jours? Combien de litres de lait pour un paquet de croquettes pour les chats? C'est arriver à la caisse, payer et sentir les larmes monter aux yeux.

La misère c'est éviter de passer dans la rue de l'agence immobilière et éviter la dame quand je la croise, pour ne pas se faire rappeler une énième fois les 3 mois de retard de loyer. C'est guetter son compte en banque 4, 5, 6 fois par jour en espèrant y voir une somme miraculeusement arrivée là, et ne constater que la baisse irrémédiable du
solde. Sans revenus depuis 3 mois, pas d'allocs, pas de chômage, rien. Aucune rentrée d'argent. La misère c'est expliquer à son fils que non, je ne peux pas acheter du poulet. Que maman n'a plus de travail et pas assez de sous. Qu'il ne faut pas trainer des pieds parce que une fois les baskets trouées je ne pourrais pas les remplacer. C'est lui répondre non à chaque demande, et essayer de lui faire plaisir d'une autre façon. C'est lui montrer que l'amour est la plus belle des richesses, même s'il ne remplit pas un ventre.

La misère c'est remiser son orgueil au placard et aller frapper à des portes, accepter l'aide . Accepter la nourriture donnée par des associations ou par les proches. C'est emmener son fils chez le medecin et taire ses propres souffrances, parce que 2 consultations sans mutuelle ça coute cher. Parce que les médicaments coutent trop
Parce que sa santé passe avant la mienne. C'est baisser les yeux et tendre la main à
ceux qui veulent aider.

La misère c'est aussi aller d'un pas hésitant vers cet endroit où se retrouvent les marginaux, les délaissés, les sans-le-sous, pour récupérer un colis alimentaire, s'y rendre les pieds trainants, parce qu'on ne se sent pas à sa place ici, et y rencontrer d'autres mamans. Des visages connus. C'est engager la conversation et parler de ce mal qui s'abat sur nous comme un couperet,parler de la vie, des enfants, du travail, de la société,  c'est retrouver le courage de s'en sortir à travers l'histoire des autres, parce que l'on trouve toujours plus malheureux que soi. C'est deux heures plus tard retrouver ces personnes à l'école, et échanger un regard, un seul, qui veut dire que le silence est maître.

La misère c'est aussi quelque chose de non matériel. C'est ce marécage dans lequel on s'enlise, c'est la dépression. La dépression profonde, celle qui nous fait réfléchir sans fin à toutes les voies qui s'ouvrent devant nous, n'y trouver aucune issue favorable et en conclure qu'une bonne dose de médocs arrosés de whyskie serait une solution efficace. Lutter chaque jour, chaque heure, chaque minute pour trouver une raison de continuer, chercher, chercher toujours de nouvelles parades aux idées noires, ne pas renoncer, ne pas se laisser aspirer.

La misère c'est aussi répondre aux amis qui téléphonent, en sachant qu'on dira non à
toutes les propositions, mais répondre quand même parce que la plus grande richesse est l'amour et l'affection qu'on nous porte. Ou regarder le telephone clignoter et ne pas trouver la force d'aligner des mots simples comme "bonjour, ça va? ", culpabiliser en rejetant l'appel et se dire que quelquefois il vaut mieux ne pas répondre que prononcer des mots qui sonnent faux.

La misère a touché mon coeur, ma vie. Comme celle de la maman de Yanis, condamnée à vivre pendant 18 mois dans une roulotte avec son fils, sans eau ni éléctricité. Comme celle de la maman de Nassim, qui vient d'acoucher de son sixième enfant, à un âge trop avancé, et qui le cache parce qu'elle a honte, parce que le salaire de son mari ne permet pas autant de bouches à nourrir, et qui n'ose pas demander de l'aide.
 
On se découvre beaucoup dans la misère. Je fais des crises de panique assez prononcées de plus en plus souvent, mais jamais devant mon fils, et j'apprend à les maîtriser, à les empêcher de grandir. Je me découvre des ressources insoupçonnées: les années passées, durant mes phases dépressives, je me laissais aller, je ne bougeais pas. Là je sens les tentacules froids de la dépression m'envahir et je les repousse, inlassablement.
Certains jours sont plus durs que les autres, et il me faut puiser au plus profond de moi pour relever la tête, au plus profond des autres aussi. Je pense à mon 'tit renard qui ne me laissera jamais tomber malgré mes sautes d'humeur abominables et mon autoritarisme, je pense à mon fils qui m'embrasse le front tous les soirs en me disant
"je t'aime maman", je pense à ma mère, qui fait ce qu'elle peux pour m'aider et à ma
soeur qui attend son deuxième enfant, je pense au père de mon fils qui est toujours présent quand nous avons besoin de lui, je pense à mes amis heureux et je suis heureuse pour eux. Dans la misère, plus de rancoeur, plus de jalousies. Tout n'est que compassion. On est heureux pour les autres, c'est notre richesse, notre ressource
ultime. 
 
Je ne cherche pas la pitié, je n'ai pas besoin que l'on s'appitoie sur mon sort, d'autant plus que j'ai une chance incroyable, celle d'être entourée de gens merveilleux. Je veux juste élever la voix pour dire ce mot, pour dire qu'il existe encore, que c'est le quotidien de nombreuses femmes qui luttent, jour aprés jour. Pour dire que ce n'est pas normal. Pour dire à ceux qui croient que la France est un pays riche qu'un tiers de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté.Pour dire que l'on ne devrait jamais avoir honte d'accepter de l'aide, que le cycle du don est brisable, que l'on peut accepter de recevoir sans avoir rien à donner en retour. Pour crier cette réalité:
 
MISERE. 
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mraw  posté le mardi 11 septembre 2007 00:05


Noire du bout du museau au bout de la queue, avec une minuscule tache blanche sur la poitrine, à peine visible, comme si elle avait oublié de peindre un endroit. De grands yeux verts, qui ressortissaient au milieu de tout ce noir. Longue, musclée, le félin parfait. Une pantère modèle réduit. Et puis ce "mraw" qui la caractérisait si bien. Pas un miaulement, pas un ronronnement. Juste un "mraw", d'une jolie voix un peu rauque.

Zora est née au moment où mes hormones m'ont lancée sur le chemin de la femme que je suis, il y a 12 ans de ça. Elle avait un jumeau, Domino, qui lui ressemblait trait pour trait, mais qui a succombé à l'appel exterieur la laissant seule avec son addiction. Car Zora était une droguée. Une vraie toxico. Shootée au caoutchouc et au silicone. Dés qu'elle en sentait l'odeur, elle devenait dingue, fouillait partout jusqu'à trouver l'objet de son désir et le bouloter, non sans conséquences. A 5 mois, première opération: une tétine de biberon est coincée en travers de son intestin, la nourriture de passe plus. Le véto enlève la tétine et  3 cm d'intestin, ainsi que ses ovaires tant qu'à y être. Zora est sauvée, mais grandit et se muscle comme un mâle. Malgrés toutes nos précaution, l'addiction est trop forte, elle réussit à ouvrir les placards, détruits les sacs, et mange sans fin les tétines de biberon, sucettes et ballons de baudruches qui accompagnent les enfants que ma mère garde. Bilan: 5 ou 6 opérations, une quinzaine de cm d'intestin en moins et autant de belles frayeurs pour ma mère et moi. Evidemment, avec tout ça je m'y suis attachée à cette écorchée qui trouvait toujours la force de se relever, à cette battante qui jouait les mâles dominants face aux pires matous pour défendre sa maison. Et ma mère encore plus. De tous les animaux qui vivent chez elle, c'était la seule qui avait droit à "MON chat". Et puis les années ont passé, les petits ont grandit et sa drogue a disparu de la maison. Des calins pleins de "mraw" et de bave qui coulait goutte à goutte, des balades dans notre jardin et celui des voisins, des bagarres avec les autres chats et les chiens, des chasse au lézard et quelquefois aux oiseaux, des heures passées à dormir contre Polka la toutoune blanche de ma mère (un grand chat noir couché contre un petit chien blanc c'est trés joli), et puis des coups de tête à la pêle, et pour finir un calin à ma mère le soir ,  voilà ce qu'était son quotidien. C'est elle qui m'a appris à faire les "calins de chats" que je fais à mon fils et qu'elle aimait tant. 

Il y a 10 jours ma mère m'appelle: Zora vomit et ne mange plus. On pense à une tétine qu'elle aurait volé chez les voisins. Chez le véto, radio: rien. Mais les bilans sanguins montrent un petit virus: un coup d'antibio et elle sera d'aplomb . Quelques jours plus tard, Zora a beaucoup maigrit, refuse de manger. Je vais la voir et tombe en pleurs: elle est trés maigre. mais ma mère me rassure, malgrés son aspect, elle continue à miauler normalement et à  faire des calins. Elle se déplace peu mais tient sur ses jambes. Et puis Jeudi dernier: retour chez le véto. Il la met sous perfusion, lui refait des radios mais du corps entier pour chercher une tumeur. Pas de tumeur mais les poumons pleins de pus. Aprés 3 ponctions, il nous la rend samedi en disant qu'il y a un espoir, que c'est une grosse infection mais qu'avec des antibios costaud ça peut s'améliorer. Je n'ai pas oser aller la voir chez ma mère, j'avais trop peur. Peur de la voir malade, peur qu'elle ne s'en remette pas. Ce matin ma mère m'a dit qu'elle avait encore maigri et qu'il fallait la ramener chez le vétérinaire parce qu'elle ne se nourissait plus. J'ai pris mon courage à deux mains et je lui ai demandé de passer en bas de chez moi avant de l'emmener, parce que meme s'il y avait un espoir je ne voulais pas risquer de la laisser partir sans lui dire au-revoir, je ne voulais pas faire ce que j'ai fait avec mon petit frère et ma grand mère. J'ai affronté ma peur, je suis descendue à la voiture. Zora était là, dans son panier de transport; Un squelette. Un squelette noir. Qui faisait "mraw". je n'ai pas dit au-revoir avec des mots parce que ma mère n'aurait pas supporté. j'ai dit au revoir avec mes yeux, et mes mains lui ont dit je t'aime. Ma bouche a dit "ça va aller", et mon visage a dit adieu. Il était 14h30.

Quelques instants plus tard j'avais rendez-vous avec une assistante sociale pour débloquer une aide financière. Au vu de ma situation, elle me propose aussi l'aide alimentaire. Mon moral en prend un coup, j'en suis réduite à faire la charité. Elle se lève, sors pour aller faire des photocopies. Je regarde mon portable, un texto de ma mère. "Pour Zora c'est finit, je suis désolée ma grande fille".  Oui, moi aussi je suis désolée. Désolée de lever des yeux larmoyants vers l'assistante sociale qui revient, désolée de ne pas savoir garder mon masque, désolée de ne même pas pouvoir lui dire pourquoi tellement je suis bouleversée. Désolée d'être trop faible pour le dire à mon fils. Désolée de ne pas savoir trouver les mots. Désolée. Au sens premier. "Rendue vide par la destruction, l'anéantissement". 

Pour Zora ces quelques lignes en guise d'épitaphe, pour que tu vives à travers même ceux qui ne t'ont pas connue.

 

 

en fond: les colocs: Belzebuth

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apparences  posté le dimanche 02 septembre 2007 15:32


hier aprés-midi, direction le centre commercial pour trouver un cadeau pour grande soeur renard et son bébé tout frais.

Je suis d'humeur joyeuse, je décide donc de prendre le temps de me préparer avant de sortir. Je me douche, m'habille: aujourd'hui ce sera jean stretch, t-shirt violet vif, sandales plateforme dorées. Je me maquille, me coiffe, me fait toute belle. Je sors avec mon tit renard qui me dit tous les 3 pas des choses du genre "non mais... waw quoi!" et mon fils. Je suis heureuse, j'ai l'air de ce que j'ai envie d'être: une jeune maman active, le genre de femmes que l'on voit dans les magazines, habillées rock and roll, le gamin dans une main le portable high tech dans l'autre. 

 On fait les magasins, j'instruis mon 'tit renard à moi sur ce qu'est un nourrisson, ce que porte un nourrisson, ce avec quoi joue un nourrisson (c'est à dire rien en fait). On trouve des tas de bonnes idées de cadeau. Il lui prend un joli ensemble et un doudou dragon trop mignon. Et moi... moi je pense à mon compte en banque, à mon absence de revenus, aux lunettes qu'il faut que je change rapidement, aux frais de rentrée scolaire de mon grand. J'ouvre les yeux, je me regarde dans ma petite tenue ridicule de maman qui veut avoir l'air. Mais je peux berner tout le monde sauf moi. Moi je sais ce que je suis, je sais ce que je vaux. Je sais que je galère depuis 4 ans, que je n'ai pas tenu le coup au seul emploi que j'ai eu, et que je n'ai en fait pas envie d'en retrouver. Que je ne supporte pas d'aller pleunicher devant des portes pour obtenir des sous d'un système social que je n'approuve pas. Que je suis trop fière pour demander de l'aide les 3/4 du temps et que le quart restant je suis dans un état tel que l'aide viennt avant que je l'appelle. Je sais que je suis une mine d'idées sans fond pour trouver des  cadeaux pour tout le monde, et que je n'aurais jamais assez d'argent pour les offrir. Que la plupart du temps quand je vais quelquepart j'arrive les mains vides parce que je ne peux offrir ce que je voudrais.  Je peux avoir l'air. ça je sais trés bien le faire. Avoir l'air belle, avoir l'air cultivée, avoir l'air d'être une bonne maman, avoir l'air d'avoir des sous, avoir l'air de savoir où je vais, avoir l'air d'être  heureuse parfois, avoir l'air d'être compréhensive... Apparences, faux visage. Je ne suis pas hypocrite, je déguise seulement ma vie.  Un peu de maquillage, des beaux habits, et voilà ma vie telle que je la veux. 

 

Au final,  j'ai acheté un kit de laine pour tricoter à ce petit être un pull pour être bien au chaud. J'ai berné mon esprit qui se rebellait pretextant que je n'avais jamais tricoté autre chose que des écharpes, je lui ai dit qu'avec ma tête de bois j'y arriverais bien. Jeudi, quand 'tit renard partira loin voir son petit neveu tout neuf, il n'emmenera rien avec lui, parce que je ne sais pas tricoter vraiment, et que dans tous les cas même si j'y arrivais ça ne serais pas fini avant jeudi... Mais je poserais un voile de plus et sa soeur l'aura la semaine d'aprés... il faut savoir garder les apparences...

 

 

 

musique du moment: les colocs, Hong-Kong blues 

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...  posté le jeudi 30 août 2007 16:13

il y a quelques jours de ça j'ai écrit un article intintulé "jalouse" ou je parlais de mon besoin incessant de me comparer aux autres, de la source actuelle de ce besoin, de ma souffrance (non pas forcément à cause des ventres arrondis, j'ai dit qu'il me fallait du temps et le temps est passé), de l'envie qui me ronge quand je vois ce que les autres ont et que je n'aurais jamais.

Et puis cet article je l'ai relu hier et je ne l'ai pas publié. Quelquepart j'ai certaines choses que les autres n'auront jamais, parce que les êtres sont uniques et qu'il n'y a qu'une seule maman de arthur et une seule amoureuse de 'tit renard. Personne d'autre que moi n'a la chance d'être aimée de ces 2 êtres de la façon dont je le suis. Bien sûr mon fils aime son père, ses grand mères et sa tata , bien sûr mon 'tit renard aime sa famille et ses amis. Mais ce ne sera jamais pareil. C'est vrai que j'envie ces gens qui ont les moyens de vivre dans un lieu à eux, adaptés à leurs besoins et leur envie, qui font un travail qu'ils aiment, plus ou moins, mais c'est un travail quand même. Le problème vient de cette foutue date qui approche: plus que 15 jours et j'aurais un quart de siècle. Et évidement j'ai fais le bilan, c'est ce qui m'a poussé à écrire l'article non paru: "25 ans, un gosse de 4, des cuisses qui ramollissent, des seins qui tombent, pas de boulot, pas de diplôme, pas de sous, pas mariée, une vie pépére,une maison qui part en miettes...". Mouais... seulement moi je suis Paillette, je suis une 'tite louve, et je marche à la colère. J'ai vu une assistante sociale qui a trouvé ça scandaleux que je n'aie aucun revenu et qui va essayer de me faire ouvrir des droits. J'ai remué la sécu pour enfin bénéficier de la CMU que je devrais avoir depuis un an. J'ai commencé à chercher du boulot. J'ai demandé à ma mère de m'offrir pour mon anniv un abonnement à la salle de sport. Je me suis acheté un jean en stretch gris, un T-shirt manches longues bleu roi avec un groupe de rock en ombres chinoises paillettées et un badge avec une tête de mort et l'inscription "I wanna rock" . Et pour le reste... si mon 'tit renard tient le coup sous la torture de mon sale caractère y qu'à attendre quelques années. 

Bon, c'est déjà un début. Mais en fait il restait quelquechose qui me démangeait au plus haut point : je voulais faire une grande fête pour mes 25 ans, avec tous mes amis, et danser jusqu'au petit matin, mais j'ai vraiment pas les moyens de louer une salle. Alors j'enviais les autres, ceux qui peuvent sortir tous les soirs, ceux qui peuvent inviter du monde à la maison, ceux qui ont les moyens de faire une fête, ceux qui voient leurs amis au lieu de rester à se lamenter. Et puis mardi soir je suis allée à un barbecue chez playmo avec mon fils et mon 'tit renard, et j'ai pu découvrir des gens que je ne connaisssais que peu, comme milie et alambrine, chose que je n'avais jamais fait dans les soirées où il y a du monde, et j'ai aimé discuter avec elles; je me suis aussi rendu compte que mon petit garçon s'occupait trés bien de lui sans que je soit derrière chacun de ses pas; et puis en rentrant à la maison mon esprit a commencé à passer du stade "bouuuh je vois personne j'ai pas le temps d'avoir des amis" à "p----- mais chuis trop conne". Hier soir enfin, première soirée depuis 4 mois sans arthur. J'embraye direct sur "j'ai 16 ans je m'eclate dasn la vie" au grand dam de mon amoureux qui espérait une soirée tranquille en tete à tete. Mais moi j'étais limite pétage de cable donc vraiment vraiment besoin de voir des gens. Au final, une soirée moitié à la maison à s'empiffrer de pizza devant la télé (on passera sur les iles flottantes pas fraiches et leur effet sur le renard gourmand et tetu), moitié avec Bouffon Rouge , Julien et David à papoter tranquille puis avec Douce et une amie en plus à jongler au clair de lune. Rentrer par le dernier tram ça fait du bien. Et encore une fois je me suis rendue compte que j'étais vraiment idiote. Ce n'est pas important de faire une grande fiesta pour mes 25 ans avec tout le monde. Le plus important c'est que j'ai dans mon entourage des amis vrais, qui sont là malgrés les visites espacées, et des tas de gens à peine croisés à découvrir.

 

Voilà, donc merci à vous d'être là. Je vais vous appeler bientot, je vais trouver du temps. Parce que j'ai besoin de vous et que je suis vraiment chanceuse d'avoir un entourage comme ça. 

 

bisous à tout le monde 

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